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La foule devant le monument à la mémoire des 8 000 musulmans qui ont été massacrés en 1995, à Sebrenica.(©Photo AFP/Elvis Barukcic)

Procès

Le mot du jour : génocide

Radovan Karadzic était attendu, ce matin, au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye, au Pays-Bas. L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie est accusé d’avoir organisé le génocide de milliers de Musulmans et de Croates. Il risque la prison à vie.

D’où ça vient ?

Ce terme provient du grec « genos », « race », et du latin « caedo », qui signifie « couper, tuer ». Le génocide, c’est la destruction organisée d’une ethnie ou d’un groupe de personnes qui parlent la même langue et qui possèdent la même culture, la même religion.

L’ONU a reconnu quatre génocides au XXe siècle : en 1915, le génocide des Arméniens ; en 1942, le génocide des Juifs et des Tsiganes dans toute l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis; en 1994, le génocide des Tutsis au Rwanda (Afrique centrale) par les Hutus ; et enfin, en 1995, le génocide des Musulmans et Croates de Srebrenica en ex-Yougoslavie, par les Serbes de Bosnie.

Que dit l’actu ?

Un flop, pas d’accusé sur le banc ! Radovan Karadzic a boycotté le procès qui s’ouvrait aujourd’hui au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).  En effet, l'ancien président des serbes de bosnie, ne s'est pas présenté au procès prétextant « qu’il n’était pas prêt ». Il est accusé de « génocide » et de « crimes de guerre contre l’humanité ».

La guerre. De 1992 à 1995, la Bosnie était en guerre. Ce pays d’Europe de l’Est a connu des affrontements ethniques violents entre Croates, Musulmans et Serbes, concernant l’occupation de ce territoire. La guerre de Bosnie a fait 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. 

Les faits. Radovan Karadzic est l’un des organisateurs du massacre de 8 000 musulmans bosniaques à Srebrenica, une ville bosniaque, en juillet 1995. Il était alors le bras droit de Slobodan Milosevic, l’ex-président de la Yougoslavie et de la Serbie, mort en 2006 avant la fin de son propre procès, qui était accusé, lui aussi, de « génocide » et de « crimes de guerre contre l’humanité ».

Radovan Karadzic dit vouloir assurer lui-même sa défense lors de ce procès qui devrait durer au moins deux ans. Il est passible de la prison à vie.

La cavale. Après avoir fui durant 11 ans la police internationale, changeant plusieurs fois de visage et d’identité, il parvient à échapper, en 2008, aux forces de l’OTAN qui fouillaient sa maison. Il a été arrêté, finalement, en juillet 2008 à Belgrade, en Serbie.

 

*Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, a été créé en 1993 par l’ONU (Organisation des Nations unies) pour juger les responsables des violences commises durant les guerres de Bosnie‑Herzegovine, de Croatie et du Kosovo, en Europe de l’Est.

 

La question du jour :

Qui fut le chef de Radovan Karadzic ?

 

Isabelle Pouyllau

 

le 26 octobre 2009

Bénédicte Boucays



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