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Fuir N’Djamena
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Quel président pour la Côte d’Ivoire ?
Dimanche était organisée l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’un des pays les plus développés d’Afrique. Mais près de 7 Ivoiriens sur 10 ont boudé ce scrutin. Car les partis politiques les plus importants n’ont pas eu le droit de présenter des candidats à l’élection.
Jusqu’en décembre 1999, les Ivoiriens pouvaient se vanter d’habiter l’un des pays les plus stables d’Afrique. Le Parti démocratique détenait en effet le pouvoir depuis 1960, année au cours de laquelle le pays cesse de dépendre de la France et gagne son indépendance. Cette stabilité avait, de plus, contribué à développer les richesses de la Côte d’Ivoire grâce, notamment, à l’exploitation du café et du cacao.Mais il y a 10 mois, coup de théâtre : le général des armées Robert Gueï prend le pouvoir par la force et s’installe, avec ses hommes à la tête de l’Etat. Les réactions sont si violentes que Robert Gueï promet des élections présidentielles avant la fin de l’année 2000.
Comme promis, les élections ont donc eu lieu, dimanche. Mais… seulement 2 candidats se présentaient. Le général Robert Gueï, bien entendu, et Laurent Gbagbo du Front populaire ivoirien. Robert Guëi avait, en effet, interdit à tous les autres partis, en particulier les 2 partis les plus importants de se présenter à ces élections.
Les partis, exclus de la course à la présidentielle, avaient appelé les électeurs à ne pas se rendre aux urnes pour voter. Et les Ivoiriens ont entendu leur appel. Près de 7 sur 10 d’entre eux sont restés chez eux dimanche. Quant aux premiers résulats, ils donnent un léger avantage à Laurent Gbagbo. Seule l’organisation d’un second tout pourrait alors départager les 2 candidats. Mais Robert Gueï acceptera-t-il, comme il l’a promis, de se plier aux résultats des votes. Rien n’est moins sûr. En Afrique, jamais aucun militaire ayant pris le pouvoir par la force n’a respecté le résultat des urnes…
le 24 octobre 2000













